Covid-19 : la Fondation Réginald Boulos mobilisée dans la lutte contre l’épidémie

L’épidémie de la Covid-19 continue sa fulgurante expansion dans les 10 départements du pays. Plusieurs entreprises, des personnalités et regroupements de la société civile s’impliquent pour tenter de limiter les dégâts que peuvent provoquer le virus. C’est le cas de Reginald Boulos, homme d’affaires, désormais figure politique, et président de la fondation qui porte son nom. A travers cette structure, l’homme d’affaires multiplie les actions de sensibilisation, de distribution de matériels, etc. à travers le pays.

La dernière initiative en date consiste à installer des châteaux d’eau dans plusieurs points de la région métropolitaine et dans les villes de province. Joint au téléphone jeudi, celui qui dirige également le parti MTV (Mouvement Troisième Voie), a indiqué « qu’il s’agit de notre plus grand projet depuis le début de la crise liée à l’épidémie. Cela va aider pendant et après le coronavirus. L’idée provient des jeunes des bidonvilles que nous avons rencontrés durant nos actions sur le terrain. »
Selon M. Boulos, sa fondation a déjà construit 14 châteaux d’eau ayant chacun une capacité de 1 200 gallons. « Toutefois, le dernier en date que nous avons construit et installé à Cité Soleil a une capacité de 3 000 gallons. Chaque château d’eau nous coûte 7 500 dollars. Nous les plaçons surtout dans les bidonvilles, à Cité Soleil 1 et 2, à La Saline, Nan Chabon, à Bel-Air, à Carrefour Feuilles, à Cité Okay […]. Nous en avons également construit 5 au Cap Haïtien, nous prenons des dispositions pour en construire à Hinche, à Mirebalais, à Saint Marc, aux Cayes, etc. », ajoute-t-il, soulignant que la fondation paie régulièrement une entreprise pour le remplissage en eau.

Selon Reginald Boulos, l’initiative de construire des châteaux d’eau dans les quartiers s’inscrit dans le cadre d’un projet dénommé « dlo toutan, dlo toupatou ». Les interventions, dit-il, se font de concert avec les communautés. « Pour intervenir dans un quartier, il nous faut sollicitation d’un groupe de volontaires qui y vivent. Ces derniers doivent s’assurer de la gestion. C’est ce qui nous permet d’intervenir dans des quartiers comme La Saline, Cité Soleil, etc. Nous avons reçu des demandes provenant de Village de Dieu », a-t-il fait savoir, soulignant que cette initiative dénote l’absence de l’Etat dans ces quartiers.

Avant les châteaux d’eau, Reginald Boulos indique que sa fondation était mobilisée et multipliait les actions depuis fin février. « Nous avons lancé des spots audio et vidéos pour sensibiliser la population. A ce propos, nous avons symboliquement, retiré les spots commerciaux des entreprises du groupe Boulos dans les médias et allouer le même budget (50 000 dollars par mois) pour que ces médias diffusent des spots de sensibilisation. De plus, la fondation a distribué en avril dernier 40 000 flacons de gel hydroalcoolique à travers le pays. Nous aurons une deuxième séance de distribution début juin », a-t-il détaillé.

Questionné sur le coût des opérations de février à date, Reginald Boulos estime que la fondation a déjà dépensé environ un million de dollar. « Chaque château d’eau me coûte 7 500 dollars. En plus des 50 000 dollars par mois pour les spots, il faut ajouter les coûts de production. Il y’a beaucoup de volontaires qui participent dans les activités mais ils nous fournissent leur temps », dit-il.
Devant l’ampleur de la crise et les dégâts que l’épidémie, Reginald Boulos croit que tout le monde doit agir, indépendamment de son origine sociale, de son appartenance politique, etc. Cependant, nuance-t-il, cette obligation d’unité ne l’empêche pas d’avoir des réserves sur la façon dont l’épidémie est gérée jusqu’à cette date. « Le 21 mars dernier, nous avons fait des propositions qui aurait pu empêcher le pays de connaître la situation qu’elle connaît aujourd’hui. Je suis d’accord qu’il faut une unité nationale, mais je ne vais pas fermer les yeux sur l’incompétence qui gère la lutte contre le coronavirus au niveau du gouvernement », assène-t-il.

L’homme d’affaires Reginald Boulos, désormais leader politique, s’est défendu de tout calcul électoraliste à travers ses actions. « Ma jeunesse s’est déroulé à Cité Soleil où j’ai construit l’hôpital Sainte-Catherine, les centres de santé de Boston et de Brooklyn, le foyer culturel Saint Vincent de Paul. Ce n’est pas aujourd’hui que commencent mes actions dans le social. Je suis né dans le social. C’est pour cela que je me suis spécialisé en santé publique et épidémiologie. La valeur d’un homme c’est la somme de toutes ses actions. On évalue les acteurs en fonction de ce qu’ils ont fait par le passé et ce qu’ils font aujourd’hui. Il faut regarder le passé total d’un homme et non une action individuelle. Utiliser le coronavirus à des fins politiques serait malsain. C’est l’une des raisons pour laquelle nous avons choisi de faire toutes nos actions sur le compte de la fondation Reginald Boulos. On n’a jamais entendu parler d’un parti politique dans les actions que j’entreprends », avance M. Boulos.

Jean Daniel Sénat
Auteur

@LeNouvelliste


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