Payer les transferts en gourdes, la plus grande injustice faite au peuple haïtien, selon Réginald Boulos

Réginald Boulos critique la décision de la banque centrale qui fait obligation aux maisons de transfert de verser les transferts reçus de l’étranger en gourdes. À cause de cette décision, les gens perdent  environ 30% de la valeur des montants qu’ils  reçoivent, selon l’homme d’affaires. « C’est la plus grande injustice faite au peuple haïtien », a dénoncé Réginald Boulos vendredi sur Magik 9. Le leader du MTV critique les responsables de la Banque de la République d’Haïti et de l’État haïtien qui stockent le dollar afin de le redonner à leurs amis. « Jodi a se zòrèy bourik pou pèp, dola pou gwo chabrak », a lancé Réginald Boulos pour résumer la situation.

Selon M. Boulos, la décision de la banque centrale s’inscrit dans une stratégie de réduire la pression sur le dollar américain et par conséquent d’éviter l’accélération du taux de change. « Je ne connais aucune économie qui règle le taux de change à coups de décrets. Ce sont les fondamentaux qui doivent changer, c’est-à-dire la production nationale », fait remarquer Réginald Boulos, soulignant qu’il existe actuellement sur le marché trois taux, c’est-à-dire le taux de la BRH, celui des banques et celui de la rue.

Les citoyens se plaignent de la difficulté à acheter le dollar américain à l’intérieur des banques.  Ces dernières n’acceptent pas de vendre plus de cinquante dollars par jour à leurs clients. « Je ne dis pas qu’il ne faille pas réglementer les banques et les  maisons de transfert mais la meilleure décision qu’on pourrait prendre en réalité, c’est d’autoriser les maisons de transfert à payer les transferts en dollars », soutient Réginald Boulos. L’entrepreneur appelle les autorités de la banque centrale à admettre qu’ils s’étaient trompés et à revenir sur leur décision.

Dans un décret publié le 30 novembre 2020, le gouvernement exige que la marge bénéficiaire sur les produits de grande consommation ne dépasse pas 15% du prix de revient et que les prix soient affichés en gourdes. Réginald Boulos n’a aucun problème avec ces dispositions mais il exprime des réserves quant à l’application de la décision concernant la marge dans le secteur informel. «Dans les pays où l’on a tenté de fixer les prix, cela a créé des marchés noirs », rappelle Réginald Boulos, qui croit que les autorités devraient laisser libre cours à la compétition.

Danio Darius

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