«Il doit y avoir un accord politique pour définir le départ de Jovenel Moïse», prône Réginald Boulos

Le président de la République, Jovenel Moïse, est illégitime. Mais il est un président de “fait”, a reconnnu le leader du Mouvement de la troisième voie, Réginald Boulos, durant une intervention à l’émission Panel Magik, samedi 27 février. Le Dr Boulos encourage tous les secteurs de la vie nationale à trouver une entente afin de décider de l’avenir du pays au lendemain du départ de l’actuel chef de l’État contesté.

En effet, contesté vivement par l’opposition durant tout le long de son mandat, Jovenel Moïse garde encore son siège au palais national au lendemain du 7 février 2021, date à laquelle son mandat a pris fin selon la plupart des forces vives de la société civile.  Toutes s’accordent à dire que son mandat a été bouclé, mais le hic réside dans la façon de le forcer à prendre la porte de sortie.

Le président du Mouvement de la troisième voie invite, lui, « tous les secteurs de la vie nationale à agir pour trouver la bonne formule pour contraindre le chef de l’État à quitter le pouvoir. Il faut trouver un accord politique devant nous guider vers une gouvernance sans Jovenel Moïse. Une gouvernance qui tienne compte de ce dont nous avons besoin pour faire avancer ce pays », a t-il dit, soulignant son désir de voir un retour à l’ordre démocratique dans le pays.

« Il faut un accord politique parce qu’il y a une réalité. Il y a un président de facto à la tête du pays. Si on fait un accord, il faut définir la manière dont Jovenel Moïse va quitter le pouvoir », a-t-il insisté. Certes, l’homme d’affaires fait la promotion pour ce dialogue devant conduire à cet accord. Cependant, il se détache de l’opposition de rupture  prônée par une frange de l’opposition. Selon lui, ce détachement est dû au fait que les différentes transitions qu’a connues le pays n’ont apporté aucun changement au sein de la population.

La gouvernance sans Jovenel Moïse ne veut pas dire s’enfermer dans la case de la transition », a nuancé Réginald Boulos. « Qu’est-ce qui nous empêche de monter un gouvernement avec un Premier ministre reconmu, crédible, qui aura la charge d’organiser les élections, de corriger les dérives du pouvoir en place, notamment en annulant les décrets qui enlèvent les droits fondamentaux au peuple haïtien? », s’interrogé celui qui veut sortir des sentiers battus.

L’accord doit porter sur comment nous allons mettre une structure pour rétablir la sécurité, mettre en place un Conseil électoral crédible, démanteler les gangs, auditer les cartes d’identification nationale, déclencher le processus électoral, selon l’avis de monsieur Boulos.

Dans une série de messages  publiés le 26 février dernier sur son compte Twitter, le chef de l’État a lancé à nouveau son appel au dialogue ” La division ne peut pas résoudre les problèmes de ce pays. Nous devons nous unir, car nous sommes condamnés à vivre ensemble. C’est pourquoi je lance, pour la énième fois, un appel au dialogue et à l’unité, un dialogue ouvert sur l’avenir de notre Nation”, a t- il posté, précisant que c’est également un appel au ralliement à toutes les forces vives pour trouver une solution concertée au mal qui nous ronge.

“J’invite les forces vives du pays à se hisser à la hauteur des défis qu’impose la consolidation de la nation, et à s’unir à la recherche de compromis aux questions essentielles qui bouleversent notre vie de peuple”, a indiqué plus loin monsieur Moïse.

“Je prêche l’unité et la sérénité entre tous les secteurs de la vie nationale. Je dois aussi prendre des décisions qui vont à l’encontre des intérêts personnels de certains groupes, car j’ai été choisi par le peuple pour mener à bon port le pays”, a indiqué Jovenel Moïse.

 

Germina Pierre Louis

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