Réginald Boulos dresse un réquisitoire et prône un accord politique pour définir l’après 7 février 2021

Le Mouvement de la troisième voie (MTV) a réuni ses 15 coordonnateurs régionaux samedi dernier à Pétion-Ville. À cette occasion, des membres et des responsables ont présenté les fondements sur lesquels est formée cette nouvelle structure politique. Ils ont clamé leur attachement au parti tout en aiguisant leurs armes pour les batailles politiques et/ou électorales à venir.

Ne cachant pas son opposition au président Jovenel Moïse, Pierre Réginald Boulos, président du MTV, s’est prononcé sur la conjoncture actuelle, marquée notamment par l’insécurité et des décrets présidentiels qui inquiètent même la communauté internationale. « Cette année a été funestement marquante avec cette caravane de l’insécurité qui la caractérisait. Les citoyens sont broyés par cette vague de malheurs qui entraîne la désolation dans le cœur des proches des victimes.  Que de pertes pour ce pays qui voit périr ses jeunes avec tout leur potentiel ! Quelle implosion pour une société de se voir perdre une sommité intellectuelle comme Me Dorval ! Un grand combattant comme Grégory Saint-Hilaire;  une jeune demoiselle qui souriait à la vie comme Evelyne Sincère », a-t-il dénoncé.

Alors que les autorités peinent à rétablir la paix dans les quartiers populaires, Boulos dit constater que le pullulement de décrets semble bien une meilleure option pour le gouvernement. « Il prend des décrets affaiblissant le pouvoir de contrôle de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif ; ce qui favorisera une vanne de gaspillages dans les caisses de l’État. Sans oublier ces décrets voulants restreindre ce droit fondamental que détient le peuple de manifester sans contrainte », déplore-t-il.

Selon Pierre Réginald Boulos, le pays connaît actuellement un marasme économique à nul autre pareil. Il a critiqué les politiques adoptées dans le marché des changes. « La question du taux de change constitue l’une des plus grandes injustices infligées à ce peuple. Ils nous ont manipulés pour qu’on applaudisse leurs mesures alors qu’en réalité ils nous ont enlevé le dollar pour le donner aux privilégiés du secteur privé et du gouvernement. Ces derniers emmagasinent le dollar  pour ensuite le revendre au compte-gouttes au peuple à un taux exorbitant. Dans cette politique maladroite et malhonnête, la gourde devient  « zorèy bourik »! C’est une politique « zorèy bourik pou pèp, dola pou gwo chabrak ». Beaucoup d’entre nous vivent des transferts de l’étranger. Nos proches de la diaspora se tuent pour nous envoyer de l’argent. Ils imposent cependant aux sous-agents de transfert de nous payer en gourdes aux taux de 65 à 68 gourdes, pour après nous le revendre à 100/105 gourdes. C’est un crime », soutient-il.

Sur le mandat du président de la République, Pierre Réginald Boulos est sans appel. « Dans deux mois et dix jours, le mandat constitutionnel du président touche à sa fin, soit le 7 février 2021 », fait-il valoir. Dans la foulée, l’homme d’affaires propose un accord politique pour définir ce qui doit se passer après cette date. « La situation accablante du pays impose aux acteurs politiques un dialogue en vue de planifier la gestion du pays pour un retour à l’ordre démocratique après le 7 février prochain. Nous proposons aux acteurs une concertation sans décisions préconçues, sans préconditions, sans hypocrisie afin de trouver un accord pour un « pacte pour la stabilité politique, la solidarité sociale et la prospérité économique ». Sans exclusion, il faut que tout un chacun s’y mette afin de trouver cet accord sans tarder. Il doit, sans détour, indiquer clairement la forme, le mandat et la durée de la gouvernance  après le 7 février 2021 », préconise l’entrepreneur.

Toutefois, le leader du MTV clarifie qu’il ne prendra part à aucune négociation « en catimini », « opaque » et « suspecte ». Il se prononce également sur la réforme constitutionnelle et les décrets du président Moïse. « Le pays n’a pas de nécessité de décret, il n’a pas de problème de constitution, mais un problème d’emplois ».

Plusieurs membres et responsables du MTV ont pris la parole à ce rassemblement national. Il s’agit entre autres de Shultz Simpsie Cazir, d’Emile Charles, de Valencia Gilles, de Louis Jean Ismaël, etc.

 

Jean Daniel Sénat

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